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samedi 9 octobre 2010

Quelques éléments sur la biographie d'Ernest Valeton de BOISSIERE

VERSION INCOMPLETE ET PROVISOIRE

Résumé d'un futur texte à paraître dans le LIVRE consacré à la biographie d'Ernest VALETON de BOISSIERE, avec détails, sources et illustrations.

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Pour permettre à certains prestataires de mieux connaître la vie de notre personnage, nous mettons en ligne une première synthèse des recherches documentaires effectuées à ce jour et publiée sous une forme simple et chronologique.

Elle a été établie à partir des principaux textes écrits à différentes époques par Garrett CARPENTER, Daniel FITZGERALD, Robert S. FOGARTHY, Pierre LABAT, R. Alton LEE, J.M. MORRIS et A.L. KNOSS, W.M. RICHARDS, Roger SARGOS et d’autres.

Cette version datée de ce 12 janvier 2009 est destinée à être révisée et complétée.


La vie d'ERNEST VALETON DE BOISSIERE en quelques dates

(provisoire : version V0 - 12/01/2009)

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1811 – Le 9 juin, naissance à BORDEAUX de Daniel Ernest BOISSIÈRE [1], fils de François Valeton BOISSIÈRE, âgé de 33 ans négociant demeurant 19 Quai des Chartrons et de Jeanne Lydie PÖHLS son épouse.

1814 – La mère d’Ernest BOISSIÈRE décède en mettant au monde sa petite sœur Corinne. Les deux petits enfants seront élevés notamment sous la protection de leur grand-mère maternelle PÖHLS.

1818 – Le 7 mars, son père François achète une grande partie du Domaine de Certes (Audenge) à Guillaume DARLES, pharmacien bordelais. Il comprend l’ancien Château, en très mauvais état, avec les terrains environnants, la pointe de Branne et environ 1.400 ha de landes, le tout dans un état de quasi abandon.

1827 – Ernest BOISSIÈRE entre à l’Ecole Polytechnique et obtient son diplôme en 1830. Il sert trois ans dans l’armée comme ingénieur géographe, et démissionne vers 1832.

1836 – Ernest BOISSIÈRE habite au Château de Certes à Audenge (Gironde)

1837 – François BOISSIÈRE complète la maîtrise foncière du Domaine de Certes en achetant 113 ha au parisien WALBRECK, ce qui assure la continuité entre la lande, vaste terrain de pâture pour des troupeaux de brebis, les terrains du Château et l’Ile de Branne, qui correspond à un polder insulaire exploité en marais salants et créé par le Marquis de Civrac à la veille de la Révolution Française.

1843 – À trente deux ans, son fils Ernest BOISSIÈRE commence la conversion progressive des marais salants en réservoirs à poissons. Le 21 octobre, il obtient donation par son père de l’ensemble du Domaine de Certes.

1844 – Sur la partie orientale du Domaine, en nature de landes sablonneuses, Ernest BOISSIÈRE mène les premières expériences de leur mise en valeur sur un quadrilatère de 200 x 300m, où il creuse des fossés rectilignes de 2m de large, espacés de 12 m, et entre lesquels il régale les terres. Le tout est raccordé à un vieux fossé allant vers le Bassin d’Arcachon, situé 10Km à l’ouest (dénivelé 25 m)

1846 – Les deux propriétés DARLES et WALBRECK remembrées par François BOISIÈRE passent définitivement au nom de « BOISSIÈRE – Ernest Valton fils, au Château » et comprend 1.988 ha.

1848 – Ernest BOISSIÈRE entame alors une vie publique à Audenge et en Gironde. Il fait alors l’objet de récriminations sur sa forte influence de riche propriétaire foncier et surtout sur l’action du Conseil Municipal. Il se présente d’abord à la députation en Gironde comme fouriériste avec son ami bordelais Eugène TANDONNET et deux parisiens. Aucun d’entre eux ne sera élu, ce sera le début et la fin de la tentative d’implantation fouriériste en Gironde. Ernest BOISSIÈRE se présente alors aux Elections Municipales qui suivent en juillet, il est élu. Pierre HAZERA sera Maire d’Audenge et Ernest BOISSIÈRE assurera régulièrement le secrétariat du Conseil.

1850 – Ernest BOISSIÈRE, grâce à deux ans de bénéfices de vente de poissons, décide de démolir le vieux château vétuste des Civrac où il habitait et fait reconstruire sur place une sobre bâtisse de pierre avec un étage.

1851 – Après le coup d’Etat de Louis Napoléon BONAPARTE, Ernest BOISSIÈRE entre en opposition avec le pouvoir et se sent menacé. Hors de ces préoccupations, l’historien Léo DROUYN dessine une partie du Domaine de Certes montrant la récolte de sel dans les marais salants, la digue et un poste de l’administration des Douanes.

1852 – Ernest BOISSIÈRE sollicite un passeport pour New York le 26 mai et y effectue un séjour. Il revient à Audenge le 12 septembre. Il se fait réélire Conseiller Municipal.

1853 – Ernest BOISSIÈRE retourne plusieurs fois en Amérique à la Nouvelle Orléans où il installe une ligne de transports maritimes et rencontre divers responsables américains influents du mouvement fouriériste, social et coopératif. Il abandonne son mandat de conseiller municipal tout en gardant une influence sur les Républicains girondins.

1854 – Le 17 mai, Ernest BOISSIÈRE déclare vouloir soutenir le projet de Victor CONSIDÉRANT pour sa colonie fouriériste de « la Réunion » au Texas (actuelle Dallas), se dit prêt à y apporter 5 à 10.000 F. et même à vendre son Domaine de Certes pour s’y investir personnellement et d’y amener des travailleurs.

1855 – Pendant ce temps, le Domaine de Certes continue à être assaini côté oriental et planté en Pins maritimes : 350 ha de pins et 1.350 ha de landes.

1856 – En Amérique, Ernest BOISSIÈRE rencontre le fouriériste Charles SEARS, il s’intéresse à « the Human Family » et lui rend visite lorsqu’il fut Président de la « North American Phalanx »

1857 – A Certes on compte 13 ha de parcs à huîtres…

1858 – Le 5 avril, le Commissaire de Police de La Teste alerte les autorités sur BOISSIÈRE, homme très dangereux, très influent par sa fortune, parti aux USA en 1852 où il a fait un séjour de six mois, « on ignore s’il a ou non été expulsé ». Côté clergé, le curé de Biganos avertit le Cardinal que BOISSIÈRE veut faire nommer à Audenge un pasteur protestant, et le qaulifie de «rouge », d’exilé de1852 et rapporte qu’il veut construire un temple réformé…

1861 – Ernest BOISSIÈRE rencontre à nouveau Charles SEARS dans le New Jersey où naissait l’idée d’une colonie.

1863 – Le 28 avril, il engage pour son Domaine de Certes un régisseur, Vital GAUVREAU, à qui il exige de solides compétences administratives et comptables.

1865 – Au Domaine de Certes se poursuivent les assainissements et les plantations forestières : 600 ha de pins. 1.100 ha restent en nature de lande. Cette situation restera inchangée jusqu’au décès d’Ernest.

1866 – Ernest BOISSIÈRE quitte la Nouvelle Orléans, sans avoir voulu laisser une trace humanitaire de son passage en voulant soutenir un groupe de femmes méthodistes levant des fonds pour créer un orphelinat pour les enfants d’esclaves noirs.

1867 – Ernest BOISSIÈRE reconstitue un noyau d’amitiés fouriéristes avec Albert BRISBANE (disciple de Charles FOURIER), Elijah Phelps GRANT et Charles SEARS. Il voyage avec eux dans la vallée du Mississipi à la recherche d’un territoire pour une colonie, et finissent par choisir dans les plaines du Kansas un terrain appartenant aux Méthodistes.

1868 – Des négociations sont en cours pour 2.400 acres, indiquant un projet de ferme coopérative, dont la localisation dans le « far west » est influencée par les projeteurs pour des raisons d’éloignement des effets néfastes de l’urbanisation et de l’industrialisation, mais aussi appuyées par BOISSIÈRE en raison de conditions climatiques proches de celles des régions françaises où l’on cultive le mûrier, base de l’alimentation des vers à soie dont il veut assurer la base de l’industrie de son projet : la sériciculture et le tissage de la soie.

1869 – Ernest BOISSIÈRE (58 ans), GRANT et BRISBANE achètent donc 3.500 acres de Prairies au sud-ouest de Comté de Franklin à Williamsburg avec une souscription de 29.000 $. Ils rédigent les statuts de « the Association of the Kansas Co-operative Farm » qui sont publiés le 15 mars notamment dans la Circulaire de la Communauté d’Oneida. Une autre colonie française s’installe dans le Kansas à Salina. Les conditions d’installation sont difficiles pour BOISSIÈRE, notamment avec le départ de BRISBANE et GRANT vers l’est... A partir de soie importée, le début de la manufacture du tissage de rubans démarre à la ferme, avec trois métiers à tisser.

1870 – E.P. GRANT publie un article sur la Coopération, un résumé des Conditions de l’Industrie Attractive en faisant référence au projet d’Ernest BOISSIÈRE. Celui-ci considère que l’expérience associative doit démarrer progressivement, que les résidents ne doivent pas être forcés d’habiter immédiatement sur place, que la ferme doit être opérationnelle avant de mettre en place les idées communautaires. Ernest BOISSIÈRE est l’un des derniers fouriéristes à se lancer dans un phalanstère en tenant compte des échecs passés. Cela correspond aussi à la vision de Jean-Baptiste André GODIN dans son familistère de Guise (Aisne), à qui il a rendu visite en 1868 ou 1869. BOISSIÈRE se rend en France pour convaincre des familles. Des rubans de soie plus larges sont tissés à la ferme, qui prend le nom de « Silkville ». Au printemps, 70 acres de mûriers blancs sont plantés à partir de semences françaises et les premiers œufs de bombyx sont importés de Californie. Ernest BOISSIÈRE commence la construction du bâtiment principal « le Château », de 3 étages et avec un budget de 100.000 $. En avril, pour la célébration du 98è anniversaire de la naissance de Charles FOURIER, Victor CONSIDÉRANT porte un toast en l’honneur d’Ernest BOISSIÈRE « notre courageux et dévoué condisciple » pour son projet de ferme coopérative.

1871 – Ernest BOISSIÈRE se rend en France et revient au Kansas avec un nouveau métier à tisser. Un millier de pieds de vignes sont plantés et produiront effectivement dix ans plus tard. Des conditions atmosphériques défavorables rendent malheureusement incertaine la production de cocons de bombyx importés.

1872 – Les ateliers de métiers à tisser permettent d’atteindre la capacité de 224 yards de rubans de soie/jour. Ernest BOISSIÈRE ajoute au « château » une salle pour la loge maçonnique de l’IOOF [2]. Le Département d’Etat de l’Agriculture du Kansa mentionne l’expérience originale de Silkville. Du Kansas, Ernest BOISSIÈRE indique aux audengeois qu’il aurait mieux valu bâtir une école de filles avec logement pour l’institutrice plutôt que de réparer l’ancienne église.

1873 – Alors que E.P. GRANT est à Canton (Ohio), Ernest BOISSIÈRE publie un prospectus pour recruter des associés à Silkville sur la base d’un ferme « co-opérative » avec des principes économiques et sociaux directement inspiré par la théorie fouriériste : avec cette circulaire BOISSIERE inscrit son utopie dans les derniers projets nord-américains. Horace GREELEY de la Tribune de New York soutient le projet et diffuse le document sur commande… Malheureusement, fin 1873, une sévère crise financière – the Panic- explose et va durer 6 ans…

1874 – Le phalanstère de Silkville est complété par la construction d’un grand bâtiment de trois étages, et qui dure de 1874 à 1875. L’industrie de la ferme est malmenée par la concurrence de la soie italienne et japonaise. En décembre, Ernest BOISSIÈRE écrit qu’à Audenge il approuve la construction d’un presbytère à condition que celle de l’école des filles se fasse en même temps. Il dessine un projet pour le Maire, mais finit par accepter plutôt un nouveau bâtiment à l’est de la mairie.

1875 – Des membres du Congrès s’enthousiasment pour l’avenir de l’Etat du Kansas qui serait basé sur l’économie du blé et de la soie. Charles SEARS revient à Silkville à la demande d’Ernest BOISSIÈRE pour qu’il prenne en charge la sériciculture et le tissage, son fils Charles T. SEARS devant prendre la gestion de la ferme. Dans sa lettre de réabonnement au journal fouriériste français « Le mouvement social », Ernest BOISSIÈRE indique que son projet avance progressivement, de façon mesurée et qu’il aurait tenté l’expérience en France s’il avait sût que l’Empire chuterait si vite et si les Républicains avaient pu régénérer le gouvernement. A Audenge, le Maire Jacques Chéri DUVIGNEAU décide en mai de construire un ensemble public comprenant : mairie – tribunal -école des filles - école des garçons.

1876 – A l’Exposition Centenaire de Philadelphie, Ernest BOISSIÈRE expose ses productions de cocons de soie et ses rubans : il est primé. Une série d’articles est publiée pour les amateurs de sériciculture. Charles SEARS publie également des articles dans le périodique de la Communauté d’Oneida.

1877 – Charles SEARS publie un nouvel article à Oneida pour intéresser de futurs associés. Ernest BOISSIÈRE s’intéresse de près à la politique française : il demande à son régisseur Vital GAUVREAU de soutenir la campagne électorale républicaine pour faire échec au parti clérical et monarchiste.

1879 – Du Kansas, Ernest BOISSIÈRE demande à Vital GAUVREAU de s’abonner au « Réformateur anticlérical et Républicain » et de le faire circuler dans Audenge. Il demande par ailleurs au Maire, J.C. DUVIGNEAU, l’ouverture d’un Cours Complémentaire et la création d’une Ecole Supérieure de Canton qu’il se dit prêt à aider.

1880 – La Ferme de Silkville atteint manifestement un bon niveau de prospérité, ainsi que les années suivantes. La production de beurre et de fromage atteint environ 600 Kg/jour. Ernest BOISSIÈRE continue à manifester son soutien à la gauche républicaine et radicale française, il manifeste son hostilité au Sénat et souhaite une réforme de la magistrature plus indépendante. Il crée l’Ecole Maternelle d’Audenge, et en mai il demande que sa Directrice puisse être compétente et laïque.

1881 – Un visiteur à Silkville confirme l’aspect florissant de la ferme (vergers, vignes,…) et indique qu’il n’y a pas plus de 50 personnes à la ferme durant la vingtaine d’années.

1882 – Les responsables de Silkville se sont investis dans la vie économique et politique du Kansas, Ernest BOISSIÈRE est vice-président de la « First National Bank of Ottawa » pendant quelques années, Charles T. SEARS est secrétaire du « Greenback Party » de Williamsburg. C’est à cette époque qu’Ernest BOISSIÈRE réalise que la soierie est compromise à cause du bas prix d’importation de la soie venant de France, Chine et Japon.

1884 – Ernest BOISSIERE (73 ans) retourne en France. Il soutient son projet d’école à Audenge. A Silkville, Charles T. SEARS gère la ferme avec succès, la sériciculture étant poursuivie à petite échelle jusqu’en 1886.

1886 – Fin de l’élevage des bombyx et du tissage de la soie à Silkville. A l’Exposition de Paris, Ernest BOISSIÈRE expose des dessins de sa pisciculture de Certes et obtient un prix. Il expose aussi ses produits en soie.

1888 – Les productions de vin et de fromage sont florissantes à Silkville.

1891 – Ernest BOISSIÈRE manifeste à nouveau des idées laïques en souhaitant la suppression du Concordat, le budget des cultes, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et souligne l’importance qu’il accorde au progrès social , affirmant qu’il ne travaille pas pour lui-même mais pour le progrès général.

1892 – Ernest BOISSIÈRE retourne un dernière fois aux USA et annonce qu’il souhaite léguer sa propriété de Silkville à l’Etat ou à une institution pour créer un orphelinat et une école. Il choisit la Odd Fellows Lodge, et le 11 mai fait le don pour une valeur de 125.000 $. Ernest BOISSIÈRE revient à Audenge, il rédige son testament le 10 octobre et le dépose chez Me DESCLAUX DE LA COSTE, proche parent de sa famille maternelle.

1894 – Décès d’Ernest BOISSIÈRE au Château de Certes à AUDENGE, le 12 janvier, à l’âge de 83 ans.

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Auteur : BOUTET, Jean-Yves (V0/009)
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[1] Au fil de cette chronologie nous l’appellerons Ernest BOISSIÈRE.
[2] Independant Order of Odd Fellows.


Résumé d'un futur texte à paraître dans le LIVRE consacré à la biographie d'Ernest VALETON de BOISSIERE, avec détails, sources et illustrations.

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