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jeudi 14 août 2008

Note de Bernard Desmars sur différents militants fouriéristes



Extrait de l'article suivant :

DESMARS Bernard (2004), “Itinéraires de militants fouriéristes dans la seconde moitié du XIXe siècle. Note sur quelques travaux . Note sur quelques travaux”, Cahiers Charles Fourier, n° 15, décembre 2004, pp. 103-115 [disponible en ligne : http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=277].
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"Ernest Valeton de Boissière (1811-1894) [1]

Comme les Durand, Ernest Valeton de Boissière est fouriériste, républicain et détenteur d’un domaine agricole sur lequel il essaie de conjuguer innovations techniques et progrès sociaux. Né dans une famille de négociants bordelais, il fréquente l’Ecole polytechnique, puis sert dans l’armée dont il démissionne cependant très rapidement. Il se consacre alors à son domaine d’Audenge (Gironde) où il développe la sylviculture et la pisciculture dont les produits vont considérablement l’enrichir. Candidat malheureux à l’assemblée constituante en avril 1848, il est conseiller municipal de sa commune de 1848 à 1853 ; restant ensuite en retrait de la scène publique, il conserve cependant une forte influence sur les républicains de sa région. Mais il se rend à partir de 1852 plusieurs fois aux Etats-Unis ; après avoir contribué financièrement au projet de Considerant au Texas, il achète lui-même au Kansas 1300 hectares dont l’exploitation est d’abord organisée selon des principes coopératifs. Mais Valeton de Boissière accorde surtout beaucoup d’importance, et d’argent, au développement de l’instruction : il crée une école maternelle à Audenge dont il prend les frais de scolarité à sa charge ; ses biens, américains et français, seront pour l’essentiel attribués après sa mort à des institutions éducatives. Là encore, l’influence sociétaire est inséparable de préoccupations agronomiques, républicaines, et aussi anticléricales ; et Valeton, comme les Durand, reste assez éloigné de ceux qui s’efforcent de réorganiser le mouvement fouriériste dans les dernières années du Second Empire. Enfin, à Gros et Audenge, nous avons affaire à un fouriérisme de notables locaux, qui semblent faire figure d’originaux dans leur classe sociale, mais ne paraissent pas réussir à diffuser les idées fouriéristes auprès de milieux plus populaires - l’essaient-ils d’ailleurs vraiment ? Enfin, ni les Durand (si l’on excepte la précoce proposition de 1838 par Joseph-Antoine), ni Valeton ne semblent avoir eu l’intention d’entreprendre une véritable « association du capital, du travail et du talent » sur leur domaine.

[1] Pierre Labat, « Ernest Valleton de Boissière (1811-1894), militant fouriériste et révolutionnaire pacifiste », D’Arcachon à Andernos : regards sur le bassin. Actes du XLVIIIe Congrès d’études régionales de la Fédération historique du Sud-Ouest, 20-21 avril 1996, Bordeaux, Fédération historique du Sud-Ouest, 1997, pp. 227-246. Le texte comporte malheureusement quelques approximations sur Fourier et la théorie sociétaire (le fouriérisme y est parfois décrit comme un collectivisme ; la Science sociale (1867-1870) est indiquée comme le journal de Fourier) ; et l’adjectif « révolutionnaire » utilisé dans le titre est démenti par le contenu même de la contribution."